Jeudi 06 Mars 2008, d'après L'Est Républicain / SANTÉ
Le nombre de donneurs prélevés n'a jamais été aussi élevé que l'an dernier. Une tendance encourageante, même si
les besoins sont loin d'être comblés.
L'agence de Biomédecine souhaite développer le prélèvement sur donneurs vivants et personnes décédées d'un arrêt
cardiaque.
4.664 greffes ont été réalisées en France en 2007, soit 5,3 % de plus qu'en 2006, selon les chiffres présentés par l'Agence de la biomédecine à quelques jours de la Journée
mondiale du rein, programmée le 13 mars. Cette hausse de l'activité ne suffit cependant pas à satisfaire le besoin croissant en organes à greffer. Le nombre de donneurs prélevés a atteint l'année
dernière « un niveau jamais approché auparavant », avec 24,7 prélèvements par million d'habitants. 3.143 personnes décédées susceptibles d'être prélevées ont été recensées dans les services
hospitaliers, et 1.562 d'entre elles ont été effectivement prélevées. L'Agence de la biomédecine note « une baisse de 4 points du taux de refus », qui passe de 32 % à 28 %. Ces résultats « très
encourageants ne doivent cependant pas masquer le besoin croissant en organes à greffer, que la hausse de l'activité ne suffit pas à satisfaire », souligne l'Agence.
Donneurs vivants
L'année dernière, 13.074 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organes, et 231 patients sont décédés faute d'avoir reçu un greffon à temps. Le
nombre de personnes inscrites en liste d'attente ne cesse de progresser (5.768 nouveaux inscrits en 2007). 94 % des organes greffés proviennent de personnes décédées en état de mort encéphalique,
mais ce type de décès ne représente qu'1 % des décès à l'hôpital. Pour pallier la pénurie persistante d'organes à greffer, l'Agence de la biomédecine souhaite développer le prélèvement venant
d'autres catégories de personnes : les donneurs vivants et les personnes décédées après un arrêt cardiaque. 234 reins issus de donneurs vivants ont été greffés en 2007, soit 8 % des greffes
rénales pratiquées en France l'an passé (2.911). La pratique est très encadrée, et le don n'est possible qu'au bénéfice d'une personne très proche : parent, frère, sœur, enfant, grand-parent,
oncle, tante, cousin germain, conjoint ou personne justifiant de deux ans de vie commune avec le receveur. Quant aux prélèvements sur donneurs décédés après arrêt cardiaque, technique appelée «
prélèvement à cœur arrêté », ils ont démarré en France en 2006, dans le cadre d'un protocole limité à 10 centres hospitaliers, et uniquement pour le rein. Les 43 greffes rénales pratiquées entre
octobre 2006 et décembre 2007 avec ces organes « ont donné des résultats très satisfaisants », selon l'Agence de la biomédecine qui souhaite étendre cette technique à l'ensemble des hôpitaux qui
répondent aux critères du protocole défini.
Nouvelle pratique
En Espagne, cette pratique représente 63 % des prélèvements à Madrid, et 20 % à Barcelone. Comme le prélèvement sur donneur décédé en état de mort encéphalique, le
prélèvement à cœur arrêté n'est possible en France que si le défunt n'était pas inscrit de son vivant sur le registre national des refus de prélèvements, et si ses proches peuvent témoigner de sa
non-opposition au don de ses organes. La consultation des proches est obligatoire, et les médecins ne vont jamais à l'encontre de leur décision. L'Agence de la biomédecine encourage donc chacun à
faire connaître son choix à ses proches, afin d'éviter qu'en cas de décès, faute de connaître la volonté du défunt, la famille ne préfère refuser le prélèvement
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